Section de la presse du Yishuv et de l’Etat d’Israël

Cette section comprend les journaux publiés dans le Yishuv (ensemble des habitants juifs de Palestine avant la création de l’Etat d’Israël) au XXe siècle jusqu’en 1948 et dans l’Etat d’Israel, en majorité en hébreu.

La presse hébraïque en Palestine est apparue dés 1863 (voir la section de la presse hébraïque au XIXe siècle), mais jusqu’à la première guerre mondiale, le centre de cette presse se trouve en Europe de l’Est, là où réside la majorité de la population juive mondiale. Pendant les quarante cinq premières années de son activité en Palestine, la presse juive se compose de mensuels, d’hebdomadaires et même de journaux qui sortaient deux à trois fois par semaine, mais le journal quotidien, Ha-Zvi sous la rédaction de Eliezer Ben-Yehuda n’est apparu qu’en 1908. La parution du quotidien allait de pair avec le renforcement de la présence sioniste en Palestine à la fin de l’époque ottomane et de la seconde Aliyah (1903-1914). Pendant les six ans qui la séparait de la première guerre mondiale, la presse du petit Yishuv progressait rapidement. D’autres quotidiens paraissaient (Ha-Herut, Moriah) ainsi que des hebdomadaires du mouvement ouvrier (Ha-Poel Ha-Tsair, Ha-Hahdut), qui attaquaient fréquemment les quotidiens et surtout les journaux de Ben-Yehuda. A la première guerre mondiale, les journaux cessèrent, seul Ha-Herut parut jusqu’en 1917.

L’occupation britannique en Palestine marque le début d’une nouvelle ère qui voit la Palestine devenir le centre mondial de la presse hébraïque. En 1919, deux journaux apparaissent à peu près au même moment: Hadshot Haaretz (qui devint Haaretz), d’orientation sioniste générale et Doar Ha-Yom, fondée par la famille Ben-Yehuda et sous la rédaction d’Itamar Ben Avi, organe de l’opinion de droite du Yishuv. Au début, les deux journaux sortaient à Jérusalem, puis en 1923, Haaretz s’est installé à Tel Aviv. Doar Ha-Yom était un journal à sensation, alors que Haaretz se signalait par sa ligne sérieuse. En 1925, apparait le nouveau journal, Davar, organe de la confédération générale des travailleurs qui devint rapidement le journal le plus répandu et le plus influent du Yishuv. Le quotidien Palestine Post, de langue anglaise, fut fondé en 1932. Les sionistes généraux créèrent Ha-Boker, le sionisme religieux, Ha-Tsofe, le mouvement de Ha-Shomer Hatsayir, Mishmar qui devint 'Al Ha-Mishmar, etc.

De façon générale, les divisions politiques étaient telles au sein du Yishuv que chaque parti considérait qu’il lui fallait son propre journal. Il y avait peu de journaux privés et ils reçurent du renfort avec l’apparition des journaux du soir indépendants comme Yediot Aharonot (1939) puis Maariv (1948). Au moment de la guerre d’Indépendance, le nombre des journaux atteint le record de quinze quotidiens en hébreu, deux en allemands et un en anglais. Ce nombre baissa ensuite progressivement en dépit de l’apparition de nouveaux journaux en langues étrangères, destinés aux nouveaux immigrants. La politisation de la presse se poursuivit durant les premières décennies de la création du pays, la presse écrite étant le principal moyen de communication. Dans ce contexte, l’hebdomadaire anti-institutionnel à sensation H'aolam hazé, se distinguait tout particulièrement.

A partir des années 1960, le nombre des journaux alla en diminuant. La presse militante fut la première touchée et ses journaux cessèrent les uns après les autres. Davar, le journal de la Histadrout (confédération générale des travailleurs) et du parti Mapaï (travailliste), s’essoufflait et il fut supplanté dans son rôle de journal leader par Maariv (que ses fondateurs quittèrent en 1948 Yediot Haharonot) et Haaretz. Pendant le dernier quart du XXe siècle, les journaux des partis politiques ont progressivement disparu et dans les années 1990, les journaux du parti travailliste Davar et 'Al Hamishmar cessèrent complètement. La presse en langue étrangère destinée aux nouveaux immigrés s’arrêta elle aussi en majorité. L’apparition de la télévision commerciale réduisit la part de la presse écrite et Maariv fut parmi les plus touchés, alors qu’il avait déjà été supplanté par le Yediot Haharonot. Les derniers quotidiens des partis qui continuent de sortir sont ceux du secteur ultra-religieux. En parallèle, on voit apparaitre des journaux locaux, des hebdomadaires appartenant aux journaux nationaux et distribués gratuitement.

A partir du Mandat britannique, aux côtés de la presse hébraïque, se développa une presse arabe assez importante. La grande vague d’immigration des pays de l’ex-URSS dans les années 1990 vit l’apparition d’une abondante presse en russe et parmi la presse des immigrés, c’est la seule qui témoigne encore d’une certaine vitalité.

Les journaux de la section:


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